Le FC Picasso d’Echirolles, club historique du paysage futsalistique français, relégué de D1 en juin dernier, ne figure pas dans la liste des équipes engagées en D2. Après un flou administratif qui aura duré une bonne partie de l’été, c’est bien en Régionale 1 Auvergne-Rhône-Alpes que le club du sud de l’agglomération grenobloise officie désormais. 

Samedi 12 Mai 2018, dernier journée de Championnat. Sous le beau soleil grenoblois, le club local du FC Picasso Echirolles, un des doyens du futsal français apparu durant les années 80 puis créé en 1990, vit ses derniers instants au sein de l’élite du futsal français. Les Parisiens d’ACASA font trembler les filets échirollois à onze reprises, comme ultime note d’une mauvaise partition cauchemardesque vécue toute la saison. Avec cinq petits points récoltés, 158 buts encaissés pour seulement 5 marqués, le club issu du quartier de la Luire présente belle et bien l’un des plus mauvais bilans de la jeune histoire du futsal d’élite français.

Chronique illustrant cette dégringolade annoncée, la tribune du gymnase Lionel Terray sonnait bien creux en ce samedi 12 mai et ce, depuis déjà plusieurs mois avec l’accumulation de mauvais résultats. Comme un signe en totale opposition avec les heures fastes du club. A bout de souffle, l’équipe dirigeante d’alors, composée de Mustapha Tasyurek et Sébastien Bazin (arrivés à la rescousse durant la trêve hivernale après un énième changement) n’a rien pu faire pour éviter le naufrage et ne put que se rendre à l’évidence : quitter le club et passer le relais.

Il est vrai que le club de Picasso, malgré la bonne volonté des dirigeants intérimaires, qui dût déjà digérer la difficile saison de transition 2016-2017 (le jeune et excellent président Saïd Kalmani, quittant ses fonctions pour raisons professionnelles, fut remplacé en été 2016 par Mustapha Tasyurek), ne se releva jamais du départ précipité et soudain, fin 2017, de son président Pascal Faucher. A la tête du groupe industriel Sempa (spécialisé dans les presses agrumes), ce dernier, qui avait fait part de son ambition de changer le club, devenait rapidement sponsor maillot des clubs de football professionnel de l’AS Nancy-Lorraine et du Grenoble Foot 38, au grand désarroi d’un club échirollois livré à lui-même et englué à la dernière place en ce début d’année 2018. A défaut de ressources, c’est donc tout logiquement que plusieurs joueurs historiques du club ne purent continuer, obligeant ainsi le FC Picasso à terminer la saison avec des joueurs du groupe 2 (évoluant en Régionale 2).

Amer constat donc en ce début d’été où, déjà relégué en D2, le FC Picasso dut faire face à ses obligations statutaires. En difficulté et en proie à des dettes au sein de la Ligue et du District (cf. voir procès-verbaux), le club fut ainsi empêché de s’inscrire en Championnat de D2 Futsal. Ceci, ajouté aux conséquences du forfait général de l’équipe réserve, entraînant sa rétrogradation administrative en Régionale 1.

C’est par un communiqué officiel sur sa page Facebook le 10 août dernier que le FC Picasso a publiquement refait surface, annonçant la mise en place d’une nouvelle présidence, en la présence de Kader Merimi, notamment épaulé par son frère Bika Merimi au poste de trésorier. Nouveau souffle, nouveau logo le 13 août. Cependant, le manque de communication du club durant tout ce mois laissait les observateurs totalement dans le flou, quant à la composition de l’équipe, les joueurs présents ou le coach en place, une petite annonce ayant même été passée sur le compte Facebook du club à la mi-août qui visait à recruter un coach! De quoi sérieusement s’interroger sur la solidité du projet de la nouvelle équipe en place. Selon nos informations, le club ne possédait toujours pas de coach à la mi-septembre, pour finalement engager in extremis Armando Goncalves comme coach ainsi que son adjoint Emrah Cengiz. Ces derniers étaient pourtant déjà engagés depuis la pré-saison avec un club voisin de Régionale 2 et ce, à quelques jours du début de championnat. Il y a mieux en matière de sérénité dans la préparation d’une saison.

C’est donc ce samedi 29 septembre que le FC Picasso « new-look » se présentait au gymnase de Pont-de-Cheruy pour y rencontrer le club de Chavanoz, habitué aux joutes de la Régionale 1, dans le cadre de la seconde journée de championnat (la première ayant été reportée). Les joueurs échirollois furent complètement submergés par les locaux, manquant d’enthousiasme et démunis tactiquement et qualitativement. La rencontre se termina sur le score sans appel de 11 à 2 en faveur de Chavanoz. Ce résultat fleuve rappelant cette triste journée du 12 mai dernier, avec autant de buts encaissés, ce début de Championnat de R1 annonce-t-il à nouveau la longue agonie du club d’Echirolles ? Il est fort souhaitable que non, même si le tableau qui semble se dessiner laisse songeur. Si Picasso le peintre ne laissait rien au hasard dans ses compositions artistiques, le Picasso version futsal devra en faire de même afin de prouver qu’il faudra bien compter sur lui. Rendez-vous donc en fin de saison.

L’avenir seul dira si cette saison 2018-2019 sera synonyme de « chant du cygne ou du phénix renaissant de ses cendres », car c’est bel et bien un très inquiétant Picasso qui devra nécessairement se remettre en question pour re(devenir) le porte-étendard d’un futsal grenoblois qui le mérite. Vivier important du développement de la discipline durant les années 90 notamment, l’Isère, qui a déjà perdu récemment Pont-de-Claix, relégué de D2 en 2017 et déclaré forfait général cette saison) n’a aujourd’hui (malheureusement) plus aucun représentant dans le futsal hexagonal. La fin d’une époque.

Crédits photo: FC Picasso.

 

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